Des investisseurs demandent des conseils d’administration plus diversifiés2010-08-19
Bâtirente fait parti d’une coalition internationale d’investisseurs, ayant près de 73 milliards $ d’actif sous gestion. Dans les dernières semaines, les membres de ce regroupement ont interpellé les sociétés partout dans le monde afin qu’elles augmentent la représentation des femmes qualifiées sur les conseils d’administration et à la haute direction.
Les investisseurs réagissent ainsi à un sondage mené auprès de 4 200 sociétés multinationales pour lesquelles seulement 9,4 % des administrateurs des conseils des corporations étaient des femmes, en dépit du fait que de nombreuses études suggèrent que les sociétés qui ont davantage de femmes qui siègent à la haute direction ont de meilleures performances financières.
Alors que certains investisseurs traditionnels considèrent que la diversité des sexes est un enjeu stratégique dans la gestion de leurs placements, cette coalition internationale d’investisseurs demande à 54 sociétés de divers secteurs d’activités de mieux expliquer leurs stratégies afin d’accroître la diversité dans leur organisation. Ils souhaitent que les femmes soient mieux représentées au sein des conseils d’administration et des hautes directions afin de bénéficier des occasions de performance accrue qu’offre un tel changement de culture d’entreprise.
Les membres de la coalition sont tous signataires des Principes pour l’investissement responsable des Nations unies (PRI). Cette initiative découle de l’application des «Women’s Empowerment Principles»[1] qui ont été développés par le Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM) et du Pacte mondial de l’ONU. Les principes ont été créés afin d’aider les sociétés à favoriser l’avancement des femmes au travail et dans la communauté.
James Gifford, directeur exécutif des PRI, a soutenu cette initiative en déclarant : « Cet engagement actionnarial démontre que la diversité des sexes au sein de la haute direction n’est pas qu’une question sociale, mais qu’elle revêt aussi une importance pour les actionnaires. Dans un marché mondial de plus en plus complexe, les entreprises qui savent attirer, embaucher, conserver et promouvoir les femmes sont mieux outillées pour concurrencer leurs pairs que celles qui n’y arrivent pas.
François Meloche, gestionnaire des risques extrafinanciers chez Bâtirente, a pour sa part renchéri en affirmant : «Les entreprises qui favorisent la diversité des genres et des expertises dans la composition de leur conseil d’administration constituent, selon nous, de meilleurs placements à long terme. On dénote une corrélation significative entre la performance d’une entreprise et la présence de femmes au sein de ce dernier».
Pour sa part, Dermot Foley, analyste stratégique chez Vancity Investment, appuie également cette initiative : «Au Canada, seulement 10 % des sièges des conseils sont occupé par des femmes et dans le palmarès des 60 sociétés publiques, il n’y a aucun poste de chef de la direction occupé par les femmes.[2] La diversité des perspectives sur le conseil et à la haute direction mène à de meilleures prises de décision et améliore la qualité de la gouvernance. Comme la population et l’économie du Canada changent, plusieurs sociétés seraient mieux outillées pour se démarquer auprès des employés, des consommateurs et des clients s’ils emboîtaient le pas. À Vancity, nous croyons fermement être leader en diversité, avec 11 de nos 18 sièges occupés par des femmes au conseil et à la haute direction, et nous travaillons fort pour encourager les autres à en faire de même».
[1] Les «Women’s Empowerment Principles» sont le fruit d’une collaboration entre UNIFEM et UN Global Compact, tous deux informés lors d’une consultation de parties prenantes internationales. Ils ont été inspirés des «Calvert Women’s Principles®». http://www.unifem.org/partnerships/womens_empowerment_principles/
[2] 2009 Catalyst Census: Financial Post 500 Women Board Directors